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ED, le hard discounter qui brade la langue française ?

A grand renfort de communication, les marques de Grande Distribution tentent de tirer leur épingle de la crise. Marques « premier prix » ou « repère », de distribution, de hard discount et autres ont fait l’apanage de nos caddies. Aujourd’hui j’ai décidé de parler de « ED », enseigne dite de hard discount qui vend des produits à des prix défiants toute concurrence faisant ainsi le succès des marques DIA. Contrairement à ce que nous pourrions croire (l’enseigne ne soignerait que très peu ses linéaires et autres gondoles, mais après tout on s’en fout non ?) ED ne lésine pas sur la pub et a investi les couloirs du métro parisien. Une campagne m’a tapé dans l’œil, m’a séduite puis a suscité chez moi une tempête des cerveaux.

ED 2

De prime abord, rien a signaler, la campagne surfe sur la vague des allégations santé (lien sur ancien article) et autres messages de prévention comme les plus reconnaissables sur les paquets de clopes. L’accroche : « ici c’est pas 5 FRUITS et LEGUMES par jour, c’est plus d’une CENTAINE » est révélatrice des avantages que propose ED. A priori le message est clair, le visuel est coloré, percutant et d’une simplicité sans nom. C’est bien là que le bât blesse, cette simplicité décriée mettrait en péril le bon usage de la langue française ? Allez on sort son ardoise, ses craies, on fait un bond en arrière de quelques dizaines d’années et on cherche l’erreur dans la phrase « ici c’est pas 5 fruits et légumes par jour, c’est plus d’une centaine ». Maîtresse maîtresse, déjà il manque une majuscule et un point. Tout à fait ! S’il y a virgules, il y a ponctuation et donc nécessité d’introduire par une majuscule et clore par un point. Fervents défenseurs de la langue française, nos académiciens crieraient au blasphème… Concernant la structure de cette accroche, il me semble que les accords, négations et conjugaisons flanchent réellement. Je tente de soutenir mon discours et traduis à ma sauce : Ici, ce ne sont pas 5 fruits et légumes par jour ; ce sont plus d’une centaine. Quel parti pris pour l’annonceur ? L’hyper-proximité justifiant l’usage d’un langage oral ?

ed

Favorisé par les strates dites populaires (certains diront pour les pauvres quoi), ED c’est un pouvoir d’achat plus conséquent mais désormais une enseigne investie par les plus aisés. Kapferer nous soufflerait « les consommateurs achètent du ED pour se payer du Puma » et autres marques. Le ton utilisé est-il adéquat ? Oui et non… Ce qui est sûr c’est que ce type de campagne nourrit les stéréotypes et pas de manière franchement positive.



6 réponses à “ED, le hard discounter qui brade la langue française ?”

  1. alexandrep dit :

    Bonne analyse. Par contre, quand on fustige les fautes d’orthographes, on évite d’en faire… -> « Allez on sort son ardoise, ses craies, on fait un bonD en arrière de quelques dizaines d’années et on cherche l’erreur dans la phrase » Bau oui en fait bond ça prend un D, comme James… Tous simplement parce que le verbe c’est bondir…

  2. rien à signalé ou rien à signaler?

  3. Julie Navarro dit :

    @alexandrep
    C’est vrai c’est vrai et j’en rougis d’avance… Si cela peut me décharger de toute responsabilité, j’ai écrit le post dans le train… les secousses, le bruit m’ont déstabilisé vous comprenez (ou pas). Mais merci en tout cas :)

  4. Julie Navarro dit :

    @ I working on it with my shrink
    Rien à mordre (tu remplaces par un verbe du 3ème groupe)… So Rien à signaler « RAS » quoi. Est-ce une alerte subliminale visant à dénoncer une autre faute dans le texte ? :D Miss ya’

  5. Julie Navarro dit :

    La « téhon », I understund what did you mean.

  6. [...] Second degré poussé à son paroxysme ou honnêteté stupéfiante dans ce contexte ? Je n’en sais trop rien mais cela suscite questionnement… Vous remarquerez vous goût prononcé pour les campagnes ED. [...]

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