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Monoprix parle à l’élite ?

La dernière campagne de Monoprix n’a pu vous échapper ; elle suscite par ailleurs certaines questions sur Twitter… « Venons-en aux faits Madame Michu » : la campagne d’affichage représente des packagings revus à la sauce créa de Monoprix. Des bandes de couleurs, des majuscules statutaires et sans empâtement telle est la signature graphique du moment pour Monop. La marque casse les codes et adopte une attitude pour le moins disruptive en misant sur des visuels épurés mais impactants il me semble. Les réactions sur Twitter soulignent un manque d’originalité ou une incompréhension de la part de certains internautes. Je pense tout à fait autrement (là je baisse mes lunettes de soleil, clin d’oeil). La première publicité que j’ai vu est la boite de tomates, seule au milieu, belle finalement et sonnant avec les années 60 et l’univers Pop Art de Warhol qui illustre le consumérisme de l’époque. Quand je vous dis boîte de soupe rouge et blanche  vous me dites ? Campbell’s.

Monoprix jouerait la mise à distance comme l’Art peut le faire et plus particulièrement lorsque nous parlons Art Moderne et Art Contemporain. Tout le monde s’est pressé à la FIAC qui est finalement devenue « the place to be«  ; la médiatisation et l’image de cette exposition géante à pris le pas sur les performances qu’elle contient j’ai l’impression.  Revenons à Monoprix, les visuels sont finalement assez minimalistes avec d’énorme lettres.

Ci-dessous, l’accroche « LE LAIT CA PEUT ÊTRE BEAU » va de concert avec la seconde affiche montrant le packaging. Cette accroche fait encore une fois référence aux codes de l’Art contemporain, un art demandant explication, donc d’un effort d’imagination, d’interprétation et allant bien au-delà du simple esthétisme (sur ce point là je fais confiance aux spécialistes pour l’exprimer plus amplement). Cette manoeuvre et accroche semble aller dans le sens d’une mise à distance ; néanmoins elle stéréotype ce besoin d’explication et la nouvelle vision que peut offrir l’Art contemporain. Alors mise à distance ou mise à portée ?

Si nous nous intéressons à la cible finale, il est certain qu’elle sera issue d’une classe assez aisée (je n’aime pas trop parler de CSP + mais dans ce cas, il semble approprié et par à tout le monde) ce qui nous amène tout de même à penser que le graphisme sonnera avec les attentes de celle-ci – ou pas -. Pour terminer, je trouve la campagne différenciante et visible (le vulgaire « ça change » est de mise) pour une stratégie de communication qui s’inscrit dans une campagne à visée institutionnelle. Aspirationnel Monop aspirationnel…

Update du 5/11/2010

Monoprix est partie en guérilla et a déposé une boîte géante devant le Centre Georges Pompidou. Apparrement soutenue par une Vespa, sa visibilité est assurée ; les parents amènent leur enfant pour les faire poser sur la selle sur fond de Pop Art.

Update du lundi 8 novembre

Un petit tour sur les différents blogs qui traitent Monoprix, une bonne tartine de sponsorisé mais de jolies trouvailles dans les commentaires du blog Dark Planneur par exemple.

La marque DELO qui produit des bouchons à viser sur les bouteilles d’eau pour les aromatisées… Ca ne vous dit pas quelque chose ?



52 réponses à “Monoprix parle à l’élite ?”

  1. Julie Navarro dit :

    @DrMorisset
    Pas faux. Les consos aiment la maltraitance.

  2. [...] Je vous invite notamment à lire ce billet sur la dernière campagne Monoprix. [...]

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