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ParisComLight pour la Journée de la femme

Après quelques contacts avec Éric Dupin (Presse-Citron) au sujet de cette journée si spéciale, ParisComLight a eu l’opportunité de publier un petit ressenti de l’événement… Attention, mon post est assez long.

Julie_Navarro_presse_citronFemme, fleur et fille de vénus tant diabolisée qu’aimée, source de décadence et de péché : une journée dédiée qui nous stigmatise en douceur…

Je tiens à préciser que cette première partie souligne un point de vue unilatéral soit exclusivement occidental et parfois extrême ; je m’attacherais à d’autres aspects de la situation de la femme dans le monde (là aussi on touche à l’extrême vous me direz). Il ne s’agira donc pas de jongler avec la sémantique, les signes mais bien d’exposer des réalités qui dérangent et qui en définitive sont encore ignorées.

Sous l’égide d’une parité conquise : « ensemble pour les droits des femmes ! », la journée de la femme s’impose comme l’événement médiatique incontournable du jour. Quelques mots sur cette journée dédiée peut-être pas si symbolique.

Officialisée en 1977, la journée internationale de la femme est célébrée le 8 mars. Allez on sort la femme de sa cuisine, on la dépossède de son statut de Mme Michu, ménagère de moins de 50 ans, pour ainsi la placer au devant de la scène ; et quelle scène !
La journée donne une visibilité certaine aux revendications dites « féministes » néanmoins il semblerait que cette parité tant décriée soit plutôt déguisée.

Intéressons nous à ce qui est le plus visible par le grand public à savoir l’image de la femme dans nos sociétés contemporaines. Prenons la pub par exemple, la femme a différents rôles assignés et baignés dans le stéréotype. Tantôt mère nourricière (regardez les pubs pour les produits laitiers de plus près), mère ménagère assignée aux tâches domestiques. Pour ce qui est du « couple homme-femme », une asymétrie conjugale constante est perceptible sur l’assignation faite aux femmes (charges laborieuses des tâches domestiques) ce qui va à l’encontre de son assignation à l’amour (pour son mari). Une sorte d’injonction contradictoire télévisuelle qui « stéréotypie » la femme. La société a encore du mal à considérer la Maman comme femme qui affirme sa sexualité… si elle l’affirme trop c’est l’image de la femme « salope » qui frappe. L’accès à la féminité dans les pubs est donc assez limité me semble-t-il.

Des stéréotypes de genres issus de constructions historiques et sur lesquels nous avons finalement bâti un obstacle à la liberté. Dans une dimension plus sociologique, je ferais un petit clin d’œil à la mouvance du lien social et à la psychologisation de la société sécrétée par les femmes et l’évolution de leur statut. Femmes agents secrets de la modernité ? (Je vais m’attirer les foudres de … aïe aïe aïe)

Allons, on s’égare, revenons à cette journée.
A quoi elle sert finalement ? A montrer au monde entier que le sexe faible en a finalement bien chié et qu’il mérite une bonne dose de reconnaissance ? Que les femmes sont sans cesse ramenées (« rapportées » si on appréhende la femme objet) a un survécu ? Que les hommes les auraient sauvées des eaux ?!
Vous l’avez compris, je n’arrive pas à saisir les intérêts à promouvoir une telle occurrence « Journée de la femme ». Un peu de rien pour faire oublier des problèmes latents et bien plus profonds qui touchent la gente féminine. Je ne vais pas vous faire un speech sur le droit de vote, les inégalités de salaires, violences conjugales, harcèlements de toutes sortes… peut-être un peu « facile » ici.
Derrière un tel événement (je dis tel car il faut voir la mobilisation), c’est une action marketing montée de toute pièce. « Si c’est la journée de la femme, c’est que tu as bien mérité un bouquet, un bijou ou un restau » burk ; probablement une St Valentin bis. Comme j’entends souvent « pas besoin de ça pour se dire qu’on s’aime » ou qu’on s’aime pas d’ailleurs…
Créer une journée pour les femmes, c’est un peu à l’image de Félix « pâté pour chat » qui s’est joliment appropriée la Saint Félix…
On assiste non pas à un hommage à la femme mais plutôt à un sexisme à l’envers, une sorte de contre-consécration. Je suis d’humeur assassine en ce jour ! Je vais m’arrêter là et laisser la place à un versant de cette journée bien plus grave.

Je repose la question, pourquoi une telle journée ? Internationale qui plus est… Car la situation des femmes dans certains pays non démocratiques se révèle critique. Des femmes sont battues, humiliées, violées et tuées ; un anéantissement quotidien qui constitue une moche réalité peu médiatisée en France. Lorsque nous nous apercevons qu’en République Démocratique du Congo, certains hommes considèrent que c’est normal de tuer une femme qui ne veut pas s’offrir à eux, le choc est palpable.

Malgré les efforts remarquables d’associations – je pense à « Gynécologie sans frontières » qui offrent des soins de reconstruction à des femmes qui ont subi des mutilations sexuelles  http://www.gynsf.org/ -   je pense à d’autres qui se battent et qui font de la reconnaissance et intégrité de la femme leur fer de lance. A celles-ci je leur transmets mon soutien aussi sincère et dérisoire qu’il soit…

Dans cette optique non centrée sur le monde occidental, je comprends les enjeux d’une telle journée et pour le coup je me positionne en faveur de telles actions. Après réflexion, je ne suis pas la cible idéale de l’événement et je me sens presque égoïste au regard de certains de mes propos. Je m’en excuse par avance et préfère le souligner car c’est ce type de comportement formaté qui mènent à l’aveuglement des foules (et féminines qui plus est).

 



6 réponses à “ParisComLight pour la Journée de la femme”

  1. [...] savoir « la journée de la femme » (si vous souhaitez connaitre ma position j’ai écrit un article impérissable). Ici, ce sont une tripotée de stéréotypes négatifs qui attirent l’oeil mais qui ne sont [...]

  2. Ah voilà la question récurrente « A quoi ça sert ? » C’est vrai c’est « une sorte de contre-consécration » mais c’est aussi une journée d’actions qui permet de faire le même bilan tous les ans: la route est rude !

  3. Noémie dit :

    Je pense que la fin de ton article pointe sur ce qu’est vraiment le coeur de cette journée internationale : faire le point sur ce qui a été fait/reste à faire, et surtout dans les nombreux pays où l’éducation des femmes, la mortalité maternelle, les violences à leur égard… sont des choses normales.
    Après on peut s’interroger plus généralement sur le sens de ces journées internationales…

  4. Julie Navarro dit :

    @Noémie
    C’est sûr. Des journées pour se déculpabiliser et faire du bien à la conscience collective.

  5. Genaro dit :

    Le seul débat de la journée était finalement l’utilité de la démarche, hors médias traditionnels… Mais quand on regarde les stats, le monde de l’entreprise est tout de même assez affligeant.

    Les progrès sont encore nombreux à faire et je suis un partisan des quotas et de la discrimination positive.

    Je comprends que l’idée d’avoir besoin de sensibiliser puisse choquer, mais de nombreuses femmes patissent encore de comportements archaïque, soit par le système soit par elle même.

    Dommage que tu n’y sois pas sensible (quoique).

  6. Julie Navarro dit :

    @Genaro
    J’y suis sensible quoi qu’il arrive mais je trouve que cela ne fait que creuser le gap entre hommes et femmes (même s’il existe).

    Le terme discrimination me chiffonne, discriminer positivement ? Huummm antinomique non ? Les constructions archaïques nous les nourrissons tous les jours…

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